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Soldat Louis, l’équipage le plus festif et le plus joyeusement anar que notre douce France ait jamais enfanté. Autant dire, pour ceux qui l’ignoreraient encore, que les petits gars de Soldat Louis ne sont pas exactement des enfants de chœur, ou alors supprimons le « h », car du cœur, ils en ont gros comme çà. Chez ces dangereux pirates du compact disc, pas de chichis, pas de tralalas, mais de la tranche de vie boucanière, de la déclaration d’amour flibustière. Auprès de ma bande, qu’ils chantent, et l’on sent bien qu’il y fait bon. Sinon, pourquoi voudrait-on la rejoindre, cette sacrée bande qui est aussi un sacré band.
De sa première course au rhum, Soldat Louis rapporta un butin à donner des insomnies aux fronts bas effarouchés par sa verdeur : double album d’or en France, platine au Québec et le prix SACEM « Vincent Scotto ». Une « première bordée » sans bavure appelant à la récidive. Et clac, la bande appareille à nouveau avec « Pavillon noir », un album vitrioleur et fraternel à ne laisser à la portée ni des truqueurs ni des adeptes du régime sans sel. Fort en verbe et en images piquées d’embruns, riche de coups de gueule, de cœur et de bouteilles.
Histoire de répondre à la question de Hemingway (je parie qu’il aurait été de ses fans) « En avoir ou pas ? » et de faire cultiver dans les dîners en ville, quelques données de base pour pratiquer presque couramment le Soldat Louis. L’univers de Soldat Louis est vaste et varié comme l’univers : il y a les landes amères, l’immense océan, le grand ciel, et puis les femmes de légende et les louches tavernes où l’on oublie sa peine dans le scotch et la bière. Qu’on le veuille ou non, c’est un univers poétique. Là-dedans, il y a du Cendrars et du Mac Orlan, fois de bourlingueur désenchanté !
Soldat Louis est de quelque part et l’affirme d’une manière magistrale au-delà des clichés du style « Bretagne, terre de contraste !!! ». Il s’agit véritablement d’un engagement viscéral pour une terre, un pays, une culture, un peuple au sens noble du terme ; ici le verbe est romantique, solidaire, libertaire et naturellement assoiffé.
Qu’elle soit de Bretagne ou d’Irlande, de sel ou de sable, de terre ou d’océan, la chanson est belle !
Drôle de tribu capable de chanter la vie, l’amour, la mort et la mer avec l’accent authentique de la pudeur et du talent qui n’ont pas peur des mots.
Extraits de textes de Thierry Séchan, Arlette Tabart, Loeiz Guillamot.
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