|
« Je n’éprouve que peu d’émotions à écouter Vivaldi, les flonflons pseudo jazzy, les orchestres de chambre, çà manque d’espace. Peut-être parce que je suis breton et que ce n’est pas ma culture, la Bretagne étant plutôt le vivier du rock français.
Soldat Louis, c’est à la fois une identité bretonne affirmée mais aussi et surtout une vraie bande de rockers, pas vraiment sensible aux effets de mode et aux tendances. Ils ne cherchent pas à profiter de la mode celtique, ni à changer leur son pour le rendre plus hip hop, techno ou chipola-pop.
Parce que le Blues-Rock qu’ils font est de toute façon la musique celtique de cette fin de siècle, celle qui aura marqué ces trente dernières années, que cela soit avec les Pogues, Simple Minds, U2, Rory Gallagher, enfin bref toutes les facettes de l’expression contemporaine. C’est de la musique de pub, dans le sens débit de boisson, pas ciblée médiatiquement. C’est bien à écouter dans les rads.
Et puis j’aime bien leur nom, çà fait matelot qui en veut et qui finit ses journées derrière une guitare plutôt que devant la télé, et c’est vrai que c’est un peu leur attitude dans la vie. Ce ne sont pas des gens bidons, tout fabriqués pour une cible.
Et puis ce n’est pas évident de chanter en français, c’est une langue difficile à chanter sur du rock. La plupart des textes anglais du genre sont souvent intraduisibles tellement ils sont niais.
Donc j’aime bien Soldat Louis et leur son. C’est une musique pour bord de largue sous gennaker, avec les silhouettes de grues du port de commerce au loin. Pas une musique de fond, j’ai l’impression qu’ils sont là à jouer avec nous, que leurs chansons seront applaudies dans n’importe quel port du monde, pourvu qu’il y ait des embarquements dans l’air. C’est une musique à écouter les nuits de convoyage, à embarquer sur voie rapide.»
Olivier de Kersauson.
|